SANTÉ À VALRAS : QUAND JULIEN BELOU TENTE DE SAUVER LE SOLDAT BALLESTER !
Lors du dernier conseil municipal, Julien Belou, conseiller municipal délégué aux actions de santé et de salubrité publique, s'est fendu d'une longue diatribe pour défendre la politique de santé du maire Daniel Ballester.
Il faut dire qu'à force de poser des questions sur les réseaux sociaux, puisque mes courriels au maire restent trop souvent sans réponse, j'ai visiblement fini par provoquer une réaction.
Et quelle réaction !
Cinq pages de discours, de leçons, d'attaques contre l'opposition, de références à Facebook et même de considérations sur les mouettes.
J'ai réussi à me procurer l'intégralité de ce monologue, que je joins à cette publication ICI
Puisque Monsieur Belou prétend me donner des leçons sur des dossiers que je connaîtrais mal, je vais lui répondre point par point.
Avec des dates, des noms, des chiffres et des faits.
Car derrière cette tentative de sauver le soldat Ballester se cache une question beaucoup plus importante : la santé des Valrassiens est-elle devenue un argument de communication politique pour la majorité municipale ?
1. LA MAISON DE SANTÉ EXISTE DEPUIS SIX ANS. MERCI POUR CETTE PRÉCISION !
Monsieur Belou commence par m'expliquer qu'une Maison de santé pluriprofessionnelle n'est pas un bâtiment, mais une organisation de professionnels de santé.
Il a raison.
Il précise même que cette structure existe depuis six ans à Valras.
Parfait !
Mais alors, pourquoi avoir mobilisé autant de moyens municipaux pour faciliter la construction d'un nouveau bâtiment privé ?
Si la coordination médicale existait déjà, quelle était la nécessité de cette opération immobilière ?
Combien de médecins supplémentaires devait-elle permettre d'accueillir ?
Combien en a-t-elle effectivement attirés à ce jour ?
Monsieur Belou m'explique ce qu'est une Maison de santé.
Je lui demande simplement pourquoi la commune a engagé autant de moyens dans un projet immobilier privé et quels résultats elle en attend.
2. UN TERRAIN COMMUNAL VENDU 262 700 € ET UN LOCAL RACHETÉ 214 000 €
Parlons chiffres.
Le 21 juillet 2021, le conseil municipal décide de vendre à la société AEKO un terrain communal de 1 240 m², ancien parking Giraud, destiné à accueillir le projet de santé.
Le prix initialement voté est de 262 700 €, soit environ 212 € le mètre carré.
Un terrain situé à proximité immédiate du littoral, dans une commune où le foncier est particulièrement recherché.
Je conteste depuis plusieurs mois les conditions économiques de cette opération.
Mais ce n'est pas tout.
La commune décide également d'acquérir dans le futur bâtiment un local d'environ 45 m² pour 214 000 €.
Soit environ 4 756 € le mètre carré.
Résumons.
La commune vend 1 240 m² de terrain pour 262 700 €, puis engage 214 000 € pour acheter 45 m² dans le bâtiment construit sur ce terrain.
Bien entendu, un terrain nu et un local construit ne se comparent pas directement. Mais cette différence de nature ne dispense pas d'expliquer les choix financiers.
Sur quelless bases les domaines ont estimé la valeur de ce terrain ?
Pourquoi ne pas l'avoir vendu plus cher que cette estimation ?
Quelles contreparties ont été obtenues ?
Pourquoi fallait-il acheter ce local à ce prix alors qu'une dation aurait été plus interessante ?
Quelle est la rentabilité collective de cette opération ?
Et surtout, combien de médecins supplémentaires ce montage a-t-il permis d'attirer ?
Monsieur Belou insiste sur le caractère privé du projet.
C'est curieux.
Quand il faut féliciter Daniel Ballester, la municipalité devient indispensable.
Quand je demande des comptes sur l'argent public, le projet redevient privé.
Une conception assez particulière de la responsabilité politique.
3. LE JUGEMENT DU 15 JUIN 2023 ET LES ÉLUS INTÉRESSÉS À L'AFFAIRE
Monsieur Belou retrace l'histoire du projet et félicite le maire ainsi que Florence Taillade, son ancienne première adjointe.
Mais il oublie un épisode important.
Le 15 juin 2023, le tribunal administratif de Montpellier annule la délibération du 13 janvier 2022 relative au déclassement du terrain.
Pourquoi ?
Parce que plusieurs membres du conseil municipal intéressés à l'affaire avaient participé à la délibération.
Il ne s'agit pas d'une simple querelle politique. Il s'agit d'une décision de justice.
Daniel Ballester était le maire responsable de la conduite de cette opération.
La question des intérêts en présence ne pouvait donc pas être balayée d'un revers de main.
La délibération annulée a ensuite été reprise dans le cadre de nouvelles procédures, et des recours ultérieurs ont été rejetés en 2025.
Je ne confonds pas une annulation administrative avec une condamnation pénale. Mais cette annulation fait partie de l'histoire du projet.
Monsieur Belou peut saluer l'action de son maire. Il devrait aussi rappeler les difficultés juridiques rencontrées par sa majorité.
Et expliquer pourquoi un projet censé répondre à un besoin essentiel de santé publique a nécessité autant de procédures.
4. LA FUSION AVEC SÉRIGNAN : MONSIEUR BELOU OUBLIE SON PROPRE PASSÉ
Voici un passage particulièrement intéressant.
Monsieur Belou rappelle qu'en 2023, un projet de rapprochement entre les structures de santé de Valras et de Sérignan a été soumis aux professionnels, puis rejeté par une majorité.
Il insiste sur le respect de leur liberté.
Très bien.
Mais il omet un détail qui mérite d'être rappelé.
En février 2025, alors qu'il était infirmier à Valras, Julien Belou expliquait publiquement s'être retiré de la SISA, la structure de professionnels portant le projet de Maison de santé.
Il estimait alors que l'affaire était devenue trop politique !
Il alertait également sur le risque de concurrence entre les futurs établissements de Valras et de Sérignan.
Et surtout, il défendait l'idée de mutualiser les moyens pour construire une grande Maison de santé commune aux deux villes.
Une position que Florence Taillade, alors première adjointe de Daniel Ballester, ne partageait pas. Elle défendait la nécessité de deux établissements distincts, notamment en raison de l'affluence touristique estivale.
Voilà donc un conseiller qui, hier, regrettait la politisation du dossier et défendait la mutualisation avec Sérignan, et qui aujourd'hui consacre cinq pages à défendre la stratégie municipale et à attaquer ceux qui la questionnent.
Je ne lui reproche pas d'avoir changé d'avis, si tel est le cas.
Je lui demande simplement de l'expliquer.
Pourquoi la mutualisation lui semblait-elle préférable hier ?
Pourquoi n'en défend-il plus les avantages aujourd'hui ?
Lors des réunions de concertation, qui était présent ?
Qui à voté pour, qui à voté contre ?
Et pourquoi ne rappelle-t-il pas, dans son discours, les divergences qui existaient entre sa position et celle de Florence Taillade ?
La mémoire politique est parfois sélective.
5. L'ARGENT PUBLIC DOIT PRODUIRE DES RÉSULTATS. ENFIN UN POINT D'ACCORD !
Monsieur Belou écrit :
« Les Valrassiens sont légitimes à attendre des résultats lorsqu'une collectivité mobilise de l'argent public. »
Je suis entièrement d'accord.
Alors appliquons ce principe à sa politique de santé.
Quel est le montant total des dépenses municipales liées au Pôle Santé ?
Combien de professionnels supplémentaires ont été recrutés grâce à ce projet ?
Combien de Valrassiens ont aujourd'hui retrouvé un médecin traitant ?
Combien coûtent les aides individuelles accordées aux médecins ?
Quel est le budget consacré au recrutement ?
Quels objectifs chiffrés la commune s'est-elle fixés pour 2027, 2028 et 2029 ?
C'est cela, un bilan.
Pas une succession de phrases expliquant que la majorité travaille pendant que l'opposition publie sur Facebook.
6. DEUX MÉDECINS ANNONCÉS, UN SEUL INSTALLÉ
Pendant la campagne municipale de mars 2026, l'arrivée imminente de deux médecins était annoncée.
Six mois plus tard, un seul s'est installé.
Quant au second, Monsieur Belou nous explique qu'il reste motivé malgré des difficultés administratives.
Je constate donc que nous sommes passés de deux médecins imminents à un médecin installé et un autre toujours attendu.
Mais surtout, parlons des conditions offertes au premier.
Trois ans de logement gratuit.
Trois ans de cabinet médical gratuit.
Les charges restant à sa charge.
Je ne critique pas le principe d'aider un médecin à s'installer.
Je demande combien cela coûte aux contribuables et quelles garanties ont été obtenues.
Pourquoi aucune obligation connue de rejoindre la Maison de santé n'accompagne-t-elle cette aide ?
Quelle durée minimale d'exercice a été prévue ?
Que se passe-t-il si le praticien quitte Valras après trois ans ?
Et surtout, pourquoi avoir autant investi dans un Pôle Santé si les nouveaux médecins peuvent bénéficier de locaux municipaux gratuits sans obligation de l'intégrer ?
Il serait temps de présenter une stratégie cohérente plutôt qu'une succession d'annonces.
7. 40 000 € POUR UNE FUTURE MÉDECIN : UNE BONNE IDÉE, MAIS À QUELLES CONDITIONS ?
Monsieur Belou présente le nouveau contrat de fidélisation des internes comme une avancée majeure.
Je l'ai dit dès le départ : je trouve le principe intéressant.
Mais une bonne idée ne dispense pas d'une gestion transparente.
La première bénéficiaire, Carla Bernal, pourra percevoir 10 000 € par an pendant quatre ans, soit 40 000 €.
En contrepartie, elle devra s'installer après son diplôme et exercer pendant au moins cinq ans, ou six en cas de surspécialisation.
Très bien.
Mais comment a-t-elle été sélectionnée ?
Combien d'autres étudiants pourront bénéficier de ce dispositif ?
Quel est le budget total prévu par la municipalité ?
Pourquoi ne pas avoir prévu son intégration à la Maison de santé ?
Et pourquoi la commune n'a-t-elle pas présenté une stratégie globale associant les aides financières, les locaux médicaux et les besoins de la population ?
Je rappelle que cette future installation pourrait intervenir en 2029.
C'est donc une perspective à moyen terme, pas une réponse immédiate aux difficultés actuelles d'accès aux soins.
8. LA LIBERTÉ DES MÉDECINS NE SIGNIFIE PAS L'ABSENCE DE CONTREPARTIES
Monsieur Belou affirme préférer l'incitation à la coercition.
Encore une belle formule.
Mais qui a demandé de contraindre les médecins ?
Certainement pas moi.
Je demande simplement que les avantages accordés avec l'argent public soient accompagnés d'engagements précis.
La commune sait d'ailleurs parfaitement le faire puisqu'elle impose une durée minimale d'exercice aux étudiants bénéficiant de son dispositif de fidélisation.
Pourquoi ce qui est normal pour une interne deviendrait-il une atteinte à la liberté professionnelle lorsqu'il s'agit d'un médecin bénéficiant gratuitement d'un logement et d'un cabinet pendant trois ans ?
La liberté d'exercer est une chose.
La responsabilité de gérer l'argent public en est une autre.
9. UNE POLITIQUE DE SANTÉ SANS BILAN CHIFFRÉ
Monsieur Belou énumère ses actions.
Il prospecte.
Il échange.
Il accompagne.
Il investit.
Il développe la prévention.
Il travaille.
Je n'en doute pas.
Mais dans cinq pages de discours, je cherche toujours les indicateurs qui permettraient d'évaluer son action.
Combien de médecins généralistes exerçaient à Valras en 2020 ?
Combien aujourd'hui ?
Combien de Valrassiens n'ont pas de médecin traitant ?
Quel est le coût total des investissements municipaux liés à la santé ?
Quel montant la commune a-t-elle consacré au recrutement de nouveaux praticiens ?
Combien de médecins supplémentaires sont attendus dans les trois prochaines années ?
Une politique publique doit pouvoir être évaluée.
Sinon, elle devient un exercice de communication.
10. QUAND JULIEN BELOU DÉNONÇAIT LUI-MÊME LA POLITISATION DU DOSSIER
Je voudrais revenir sur un élément particulièrement révélateur.
Le 18 janvier 2025, Julien Belou déclarait à la presse que l'affaire de la Maison de santé était devenue trop politique. quelques mois avant de rejoindre la liste de Daneil Ballester avec un autre medecin dont nous reparlerons,
Il expliquait même avoir quitté la SISA parce qu'il avait le sentiment que les professionnels de santé étaient instrumentalisés.
Aujourd'hui, le voilà conseiller municipal chargé de la santé, défendant avec enthousiasme le bilan de Daniel Ballester et reprochant à l'opposition de politiser le sujet.
Je ne lui reproche pas d'avoir rejoint l'équipe municipale.
C'est son choix.
Mais je constate que celui qui dénonçait hier l'instrumentalisation politique des professionnels de santé consacre aujourd'hui une longue intervention politique à défendre le maire.
Entre-temps, les questions financières et médicales restent les mêmes.
Ce qui semble avoir changé, c'est la place de Monsieur Belou dans l'organisation municipale accompagnée d'indemnitées
11. CINQ PAGES POUR PARLER DE MOI, MAIS TOUJOURS PAS DE RÉPONSES À MES COURRIELS
Depuis mon élection, j'ai adressé une vingtaine de questions écrites au maire sur différents dossiers municipaux.
J'ai obtenu quatre réponses.
Alors oui, je publie mes interrogations sur Facebook.
Parce que les habitants ont le droit de connaître les questions que je pose et les réponses que j'obtiens, lorsqu'il y en a.
Monsieur Belou semble considérer cette démarche comme de la communication politique.
Je lui rappelle simplement qu'un conseiller municipal d'opposition a aussi pour mission de contrôler l'action de la majorité.
Je n'ai pas été élu pour applaudir chaque délibération.
Je n'ai pas été élu pour accepter chaque dépense sans demander de justification.
Et je n'ai certainement pas été élu pour me taire lorsque le maire ne répond pas.
La solution est pourtant simple.
Que Daniel Ballester réponde aux questions écrites.
Cela éviterait peut-être à ses conseillers d'avoir à prononcer cinq pages de discours pour tenter de justifier son bilan.
12. LA MOUETTE DÉCHAÎNÉE SEMBLE DÉJÀ DÉRANGER
Monsieur Belou termine son intervention en s'en prenant aux mouettes qui colporteraient des ragots.
Je découvre donc que La Mouette Déchaînée a désormais droit à une intervention au conseil municipal.
Pour une publication satirique qui vient à peine de prendre son envol, c'est plutôt encourageant !
Mais rassurez-vous, Monsieur Belou.
Une caricature reste une caricature, que vous semblez pourtant apprécier en lisant ce long message de remerciement sur votre page facebook accompagnée d'une belle caricature réalisée grâce à l'IA que vous maîtrisez enfin (ou que quelqu'un a réalisé pour vous)
Un jugement administratif reste un jugement administratif.
Et une question sur l'argent public reste une question légitime.
Vous pouvez critiquer les dessins autant que vous le souhaitez.
Cela ne changera ni le prix de vente du terrain, ni le coût du local acheté par la commune, ni le nombre de médecins effectivement installés.
13. QUI FAIT RÉELLEMENT DE LA POLITIQUE AVEC LA SANTÉ ?
Monsieur Belou affirme que la majorité ne fait pas de la santé un sujet de communication politique.
Pourtant, son discours est une longue défense du maire, de son bilan et de son équipe.
Il félicite Daniel Ballester.
Il félicite Florence Taillade.
Il attaque l'opposition.
Il critique Facebook.
Il se moque des caricatures.
Mais il ne présente aucun bilan financier complet de la politique municipale de santé.
Voilà une contradiction qui mérite d'être soulignée.
D'autant que la Maison de santé a été un argument important des campagnes municipales successives.
Et que l'arrivée annoncée de deux médecins a également été mise en avant pendant la campagne de 2026, merci au passage à Midi Libre d'avoir publié un article sur cette arrivée deux jours avant le premier tour
Je n'ai jamais contesté la nécessité d'attirer de nouveaux praticiens.
Au contraire.
Mais je refuse que cette nécessité serve à justifier n'importe quelle décision financière sans explication.
MONSIEUR BELOU, JE N'ATTENDS PAS DES LEÇONS. J'ATTENDS DES RÉPONSES.
Je terminerai en reprenant votre propre affirmation.
Les Valrassiens sont légitimes à attendre des résultats lorsque la commune mobilise de l'argent public.
Je suis entièrement d'accord.
Alors expliquez-moi pourquoi la commune a vendu son terrain 262 700 €.
Pourquoi elle a ensuite engagé 214 000 € pour acheter 45 m² dans le futur bâtiment.
Pourquoi les avantages accordés aux nouveaux médecins ne sont pas accompagnés d'une présentation publique de leur coût total et de leurs contreparties.
Pourquoi les critères de sélection de la première interne bénéficiant de 40 000 € n'ont pas été clairement exposés aux habitants.
Pourquoi le projet de mutualisation avec Sérignan, que vous défendiez autrefois, n'est plus au cœur de votre discours.
Et surtout, donnez-moi des chiffres permettant de mesurer les résultats de votre politique de santé.
Je ne demande pas l'impossible.
Je demande de la transparence.
Vous avez consacré cinq pages à expliquer que vous travaillez pendant que je publie sur Facebook.
Je vous invite maintenant à consacrer cinq minutes à répondre aux questions que quelqu'un partagera avec vous sur facebook puisque vous m'avez bloqué
Car la santé des Valrassiens mérite mieux qu'une opération de communication destinée à sauver le bilan politique de Daniel Ballester.
Quant à La Mouette Déchaînée, elle continuera à dessiner.
Et moi, à poser des questions.
Chacun son travail.


















