Puisque le maire de valras refuse le dialogue c'est la justice qui tranchera
Il existe deux façons d’exercer son rôle lorsqu’on siège dans l’opposition municipale.
La première est celle que j’avais choisie dès le début de ce mandat.
Être une opposition constructive. Proposer des idées. Signaler des problèmes. Poser des questions. Alerter lorsqu’une situation paraît anormale. Et aussi chahuter la majorité lorsqu’elle tente de faire passer en force des décisions qui me paraissent inexplicables. C’est aussi le rôle d’un élu d’opposition.
J’étais pourtant prêt à jouer pleinement le jeu d’une opposition constructive.
Dès le début du mandat, j’ai demandé au maire de me confier des responsabilités. Je souhaitais travailler, participer et apporter mes compétences à la vie municipale. Je n’ai reçu aucune réponse.
Je lui ai également suggéré d’accorder une petite indemnité aux élus de l’opposition (donc RN inclus) afin de les impliquer davantage dans la vie municipale et de reconnaître le travail qu’ils peuvent accomplir au service de la commune.
Là encore, aucune réponse.
Le maire a préféré augmenter ses propres indemnités et celles de ces élus.
Et il y a eu bien d’autres propositions, demandes, interrogations et alertes. Elles ont toujours été formulées de manière courtoise et, autant que possible, constructive.
Elles sont toujours restées sans réponse.
Pourtant, un maire peut parfaitement être en désaccord avec son opposition. Il peut refuser une proposition. Il peut contester une analyse. Il peut défendre ses décisions et expliquer ses choix.
C’est le fonctionnement normal de la démocratie locale.
Mais pour dialoguer, il faut être deux.
Lorsqu’un maire ne répond pas, lorsqu’il ignore les courriers et les messages et lorsqu’il préfère rester dans sa tour d’ivoire plutôt que d’échanger avec son opposition, il finit lui-même par fermer la porte à cette opposition constructive.
Il reste alors une seconde méthode.
Elle est plus brutale, mais parfaitement institutionnelle.
Saisir la justice lorsque les faits le justifient.
À ce jour, j’ai déjà constitué quatre dossiers que je transmettrai au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale.
Je procéderai de manière méthodique. Un dossier sera transmis chaque mois, de septembre à décembre, afin que chaque signalement puisse être examiné avec les pièces et les éléments qui l’accompagnent.
L’article 40 prévoit notamment que toute autorité constituée qui acquiert, dans l’exercice de ses fonctions, la connaissance d’un crime ou d’un délit doit en aviser le procureur de la République et lui transmettre les renseignements et documents dont elle dispose.
Il ne m’appartient pas de décider si une infraction a été commise. Ce sera au procureur d’apprécier les faits et de décider des suites qu’il estimera nécessaires.
Mon rôle sera de transmettre des faits précis, des documents et des éléments vérifiables.
J’aurais préféré continuer autrement.
Un message. Une réponse. Une explication. Une rencontre lorsque c’est nécessaire. Un désaccord assumé lorsque nous ne partageons pas la même vision.
C’est ainsi que devrait fonctionner une démocratie municipale.
Mais on ne peut pas demander à une opposition d’être constructive tout en refusant obstinément de lui répondre.
Le premier dossier partira donc en septembre. Le deuxième en octobre. Le troisième en novembre. Le quatrième en décembre.
Quatre dossiers. Quatre transmissions distinctes. La justice décidera librement de ce qu’il convient d’en faire.
Ce n’est ni une condamnation, ni un procès organisé sur les réseaux sociaux. C’est l’exercice de mon mandat et de mes responsabilités.
J’ai proposé le dialogue. J’ai proposé de travailler. J’ai proposé de participer. J’ai posé des questions. J’ai attendu des réponses.
Elles ne sont jamais venues.
À force de gouverner depuis sa tour d’ivoire et de se comporter comme un seigneur auquel personne ne devrait demander de comptes, il arrive un moment où il faut redescendre sur terre.


