Cédric à fait une "Bardella"
Faire une « Bardella » (expression populaire, locution verbale, humoristique).
Affirmer quelque chose avec une assurance absolue, nier l’évidence avec aplomb, puis se retrouver embarrassé lorsque des preuves viennent contredire ses déclarations.
Synonymes : se prendre les pieds dans le tapis, être pris en flagrant délit de contradiction, avoir la mémoire sélective.
Je le reconnais volontiers, j’ai parfois tendance à titiller la susceptibilité de notre cher conseiller municipal RN. Mais reconnaissons qu’il y met beaucoup du sien. Et quand on offre autant de matière, il serait dommage de ne pas en profiter.
Reprenons quelques épisodes de cette formidable carrière politique.
Notre homme s’est présenté aux élections municipales de Valras-Plage sous l’étiquette du Rassemblement national, alors qu’il était encore conseiller municipal d’opposition à Tullins, élu sous l’étiquette Divers Droite. Une opposition tellement discrète que ses propres collègues réclamaient sa démission, lui reprochant ses absences répétées aux conseils municipaux.
Il faut reconnaître une qualité à monsieur : il sait prendre ses distances. Surtout avec les réunions auxquelles il est censé assister.
Pendant la campagne municipale à Valras, il accompagnait également un de ses colistiers dans un café lorsque celui-ci m’a agressé verbalement devant témoins, allant jusqu’à vouloir se battre.
Courageux, mais spectateur.
Quant à son colleur d’affiches, auteur de publications racistes sur Facebook, je n’ai pas entendu notre grand donneur de leçons exprimer beaucoup d’indignation.
La morale, chez certains, semble fonctionner avec un interrupteur.
Et puis arrive l’affaire immobilière !
Monsieur s’offusque que j’aie évoqué la mise en vente de sa maison à Valras. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de la vendre.
C’est ballot !
Internet possède une mémoire parfois cruelle. Et les traces sont là, une annonce dépubliée le jour ou j'en ai parlé le 9 septembre car j'avais peur qu'il nous refasse le coup de Tullins
Appelons cela une « Bardella ». Une affirmation catégorique qui finit par rencontrer une réalité un peu moins accommodante.
Mais le plus savoureux reste à venir.
Notre conseiller explique désormais que j’aurais quitté Poissy, ville de 40 000 habitants ou j'ai été maire adjoint en charge du developpement économique et président d'une société d'économie mixte, parce qu’on m’en aurait chassé !
Quelle imagination !
Je me rends toujours à Poissy environ une fois par mois pour gérer l’une de mes entreprises en activité depuis 2010; J’ignorais que les personnes prétendument chassées d’une ville pouvaient y revenir aussi régulièrement pour travailler.
Il faudrait peut-être lui expliquer qu’on peut changer de résidence sans faire l’objet d’un arrêté d’expulsion et si vous fouillez un peu vous verrez qu'il m'arrive en y allant de prendre un verre à la permanence du Député de la circonscription, Karl Olive, que j'ai pourtant combattu en son temps.
Mais il y a un sujet nettement moins amusant.
Monsieur s’est permis de laisser entendre que l’agression et les menaces dont j’ai été victime pourraient être inventées.
Là, nous ne sommes plus dans la plaisanterie politique.
Mettre publiquement en doute des faits aussi graves, sans apporter le moindre élément, est une accusation qui peut soulever une véritable question de diffamation.
Je pourrais, moi aussi, saisir la justice. Mais je n’ai aucune envie de transformer chaque sottise publiée sur Facebook en dossier de gendarmerie.
D’autant que, pendant la campagne municipale, plusieurs de ses colistiers avaient déjà déposé des plaintes contre moi. Toutes sont restées sans suite.
Et voilà que j’apprends aujourd’hui que Mônsieur aurait décidé de recommencer !
Pour quelqu’un qui prétend défendre la sécurité des Valrassiens, il semble surtout très préoccupé par la sécurité de son amour-propre.
Nos gendarmes ont des missions autrement plus importantes que d'arbitrer les susceptibilités des élus municipaux.
Je comprends que la critique puisse déplaire. Je comprends également qu’il soit désagréable de voir certaines contradictions exposées publiquement.
Mais lorsqu’on choisit de faire de la politique, il faut accepter la contradiction, la satire et parfois quelques moqueries.
On ne peut pas distribuer des bonnets d’âne devant les caméras, laisser ses proches multiplier les attaques personnelles et ensuite jouer les vierges effarouchées dès que la plaisanterie change de camp.
À force de vouloir jouer simultanément le provocateur, le procureur et la victime, notre conseiller finit par interpréter à lui seul toute une troupe de théâtre.
Et puisque le costume de bouffon semble désormais faire partie de ses accessoires politiques, je lui laisse volontiers le premier rôle.
Il reste cependant une différence entre nous.
Lui semble vouloir régler ses contrariétés à la gendarmerie. Moi, je préfère répondre publiquement, avec des faits, un peu d’humour et surtout des preuves via quelques archives.
Un dernier conseil : il serait peut-être temps de grandir un peu. La politique est une affaire sérieuse. Ce n’est pas une cour de récréation où l’on court chercher le surveillant chaque fois qu’un camarade vous répond.
Et surtout, qu’il se rassure : je continuerai à exercer mon mandat, à poser des questions et à rire de ce qui mérite de l’être.
Car à Valras, le ridicule ne tue pas. Heureusement pour certains, il ne constitue même pas une infraction pénale mais attention, une "Bardella" peut le devenir !



