DES BOUES À 6H30… ET LE SILENCE À TOUTE HEURE
Mercredi 2 septembre, vers 6h30, plusieurs camions viennent déverser des boues noires sur un terrain communal, à proximité des habitations du Clos de la Fontaine.
Des riverains sont réveillés par le bruit et découvrent cette matière accompagnée, selon leurs témoignages, d’une odeur particulièrement forte.
La mairie explique qu’il s’agit de boues provenant du curage d’un canal longeant le stade, déposées ici pour sécher avant d’être envoyées dans une usine de traitement.
Très bien.
Mais une explication n’empêche pas les questions. Au contraire.
Ces boues ont-elles été analysées ? Quelle est exactement leur composition ? Quel volume a été déposé ? Une déclaration ou une autorisation était-elle nécessaire ? Cette parcelle est-elle prévue pour recevoir ces sédiments ? Où va l’eau qui s’en écoule pendant le séchage ? Comment évite-t-on son infiltration ou son ruissellement ? Combien de temps les boues vont-elles rester là ? Où seront-elles ensuite traitées ?
Je n’affirme rien. Je m’interroge.
Et je m’interroge également sur la communication de la Ville.
Pourquoi les riverains ont-ils découvert cette opération à 6h30 au bruit des camions ?
La page Facebook de la Ville fonctionne plutôt bien lorsqu’il faut annoncer une manifestation, partager une jolie photo ou raconter la vie de Valras.
Pourquoi pas un petit message avant cette opération ?
Quelques lignes auraient suffi : « Nous allons curer un canal. Les boues seront temporairement déposées sur ce terrain. Elles ont été contrôlées. Voici les précautions prises et la date prévue de leur évacuation. »
Ou, encore plus simplement, un courrier aux habitants les plus proches pour les prévenir et les rassurer.
Informer avant, c’est quand même plus élégant que rassurer après.
Et puis il y a un silence qui m’amuse davantage.
Notre Monsieur Écologie, Yann Geshors, fidèle soutien du maire pendant les municipales, trouve le temps de publier sur le port du voile ou encore sur la Constitution.
Pourquoi pas. Tous les sujets méritent débat.
Mais lorsque des camions viennent déposer des boues sur un terrain communal à Valras, à proximité d’habitations, curieusement, plus rien.
Pas une question sur leur composition.
Pas une question sur leur analyse.
Pas une question sur les eaux de ressuyage.
Pas une question sur leur destination.
Le voile, oui. La Constitution, oui. Les boues sous nos fenêtres… silence.
Dommage.
Parce qu’avant de sauver la planète, on peut peut-être commencer par s’intéresser à ce qui se passe à quelques centaines de mètres de chez soi.
Et cela vaut évidemment pour toutes les associations et tous ceux qui se présentent comme défenseurs de notre environnement.
Je ne demande pas qu’on condamne cette opération.
Je demande simplement qu’on pose des questions.
L’écologie aussi perd beaucoup de sa crédibilité lorsqu’elle regarde ailleurs au mauvais moment.
Mail envoyé au maire, en copie à l'élu à l'environnement
Monsieur le Maire,
Je souhaite obtenir quelques précisions concernant l’opération de curage réalisée le 2 septembre et le dépôt de boues sur un terrain communal situé à proximité du Clos de la Fontaine.
J’ai pris connaissance des explications données par votre directeur de cabinet, indiquant qu’il s’agirait de boues provenant du curage d’un canal longeant le stade, déposées temporairement sur cette parcelle afin de sécher avant leur transfert vers une usine de traitement.
Ces explications soulèvent néanmoins plusieurs questions auxquelles je souhaiterais obtenir des réponses précises.
Des analyses de ces boues ont-elles été réalisées avant leur dépôt sur le terrain ? Si oui, pouvez-vous m’en communiquer les résultats ?
Quelle est leur composition et quel volume a été extrait puis déposé ?
Cette opération de curage a-t-elle fait l’objet d’une déclaration, d’une autorisation ou de toute autre procédure administrative ? Dans l’affirmative, je vous remercie de bien vouloir m’en transmettre copie.
La parcelle communale utilisée pour le dépôt et le ressuyage des boues était-elle expressément prévue à cet effet dans le cadre de l’opération ?
Quelles dispositions ont été prises pour récupérer les eaux issues du ressuyage et éviter leur infiltration dans le sol ou leur ruissellement vers le milieu naturel ?
Quelle est la durée prévue de ce stockage temporaire ?
Enfin, vers quelle installation ces boues seront-elles transportées et quelle procédure permettra d’assurer leur traçabilité jusqu’à leur traitement définitif ?
Au-delà de ces aspects techniques et réglementaires, je m’interroge également sur l’information des habitants.
Plusieurs riverains semblent avoir découvert cette opération au moment de l’arrivée des camions, tôt le matin. Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas communiqué préalablement sur sa page Facebook ou, plus simplement, adressé un courrier aux habitants les plus proches afin de leur expliquer la nature de l’opération et de les rassurer ?
Je ne préjuge évidemment d’aucune irrégularité. Je souhaite simplement, en ma qualité de conseiller municipal, disposer des éléments permettant de comprendre précisément cette opération et de vérifier les conditions dans lesquelles elle a été réalisée.
Je vous remercie donc de bien vouloir répondre à ces différentes questions et de me transmettre les documents correspondants lorsqu’ils existent.
Bien cordialement,
Richard BERTRAND
Conseiller municipal
Valras-Plage



