Les charettes de plage, un dossier que la mairie laisse s'enliser
Depuis des années, les charettes de plage font partie du paysage estival de Valras-Plage. Elles proposent des beignets, des boissons fraîches et quelques gourmandises directement sur le sable. Derrière ces chariots, on trouve souvent de jeunes saisonniers qui parcourent plusieurs kilomètres sous le soleil. Ils ne se contentent pas de vendre. Ils animent la plage, plaisantent avec les vacanciers, attirent les enfants et participent à l'ambiance qui fait le charme de notre station.
Pourtant, derrière cette image conviviale se cache un problème que la municipalité ne parvient pas à régler.
La Ville a signé une convention avec l'entreprise qui exploite ces charettes de plage. Cette convention autorise leur activité jusqu'à 15 heures. Or, chacun peut constater que cet horaire n'est pas toujours respecté.
La question est pourtant très simple.
Lorsqu'une convention existe, elle doit être appliquée. Deux solutions sont possibles. Soit l'entreprise respecte les règles prévues par la convention et tout le monde continue à travailler normalement. Soit elle ne les respecte pas et la Ville met fin à cette convention. C'est le principe même d'un contrat.
À la place, la municipalité laisse perdurer une situation ambiguë depuis des années.
Puis, il y a quelques jours, Valras s'est retrouvée au cœur des réseaux sociaux lorsqu'une intervention spectaculaire a été organisée sur la plage. CRS, police municipale et même un tractopelle sont intervenus en pleine journée pour retirer une charette de plage sous les yeux de touristes médusés. Cette scène a donné une image peu valorisante de notre station.
Cette façon de gérer le dossier interroge.
Le paradoxe est d'autant plus étonnant que le maire refuse aux paillotes d'ouvrir le soir, estimant qu'elles feraient concurrence aux restaurants. Dans le même temps, il interdit aux charettes de plage de poursuivre leur activité après 15 heures, estimant cette fois qu'elles feraient concurrence... aux paillotes.
Au final, personne ne comprend la logique. Les restaurateurs sont protégés des paillotes. Les paillotes sont protégées des charettes de plage. Les charettes continuent malgré tout à circuler au-delà de l'horaire prévu. Puis arrivent les contrôles spectaculaires.
Le véritable problème n'est donc pas celui des charettes de plage. Il est celui de l'absence d'une décision claire.
Une autre solution pourrait pourtant être étudiée. Les paillotes disposent déjà d'une concession sur la plage. Pourquoi ne pas leur permettre, par avenant, d'exploiter elles-mêmes un service de vente ambulante dans un périmètre défini autour de leur établissement ? Lors du prochain appel d'offres, cette autorisation pourrait être intégrée au cahier des charges et donner lieu à une redevance plus importante pour la commune.
Tout le monde y gagnerait. Les règles seraient claires. Les exploitants seraient identifiés. Les contrôles seraient plus simples. Les touristes continueraient à profiter d'un service apprécié, sans polémique et sans intervention qui nuit à l'image de Valras.
Gouverner, c'est faire des choix et les assumer. Une convention doit être respectée ou résiliée. Entre les deux, il n'y a que l'hésitation. Et c'est précisément cette hésitation qui est aujourd'hui à l'origine de ce dossier.



