Drône de secours : ​​Quand une initiative est bonne, il faut savoir le reconnaître mais dire la vérité aussi !

 


L’expérimentation menée actuellement à Valras-Plage avec Instadrone autour d’un drone d’assistance au sauvetage en mer va dans le bon sens.

Le dispositif présenté peut repérer une personne en difficulté, intervenir rapidement, lui transmettre un message et lui apporter une bouée en attendant l’arrivée des sauveteurs.

Si cette technologie permet demain de gagner de précieuses secondes et de sauver des vies, je ne peux que féliciter la Ville et les partenaires qui participent à cette expérimentation.

Mais soyons précis sur un point. Valras-Plage n’est pas précurseur en France dans l’utilisation d’un drone pour porter secours à des baigneurs.

L’histoire commence au moins dix ans plus tôt.

Dès l’été 2016, le drone français Helper est expérimenté sur les plages de Biscarrosse, dans les Landes. Il est conçu notamment à l’initiative de Fabien Farge, médecin urgentiste travaillant sur les plages landaises. Sa mission est déjà très proche de celle présentée aujourd’hui : rejoindre rapidement une personne en difficulté et lui larguer une bouée gonflable. Après sept semaines d’utilisation en 2016, trois interventions réelles de sauvetage sont rapportées.

En 2017, l’expérimentation prend une dimension scientifique.

Durant l’été, 28 essais sont réalisés afin de comparer l'intervention avec un drone à une opération classique de sauvetage. Le travail associe notamment le SAMU 40 du Centre hospitalier de Mont-de-Marsan et des chercheurs d’Aix-Marseille Université.

Les résultats sont particulièrement intéressants. En mer modérée, la bouée est délivrée en moyenne en 81 secondes avec le drone contre 179 secondes avec les moyens traditionnels. En mer agitée, 99 secondes contre 198 secondes. Les chercheurs concluent qu’un drone peut délivrer rapidement et en sécurité un dispositif de flottaison à un nageur en difficulté.

Cette étude sera publiée en 2018 dans la revue scientifique Resuscitation sous le titre « Unmanned aerial vehicles (drones) to prevent drowning ».

Et ce n’est pas tout.

En novembre 2022, la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris expérimente à son tour sur la Seine le drone autonome Skeyetech. Le principe est encore une fois similaire : le drone rejoint une personne en situation de noyade et lui largue une bouée afin qu’elle puisse s’y agripper en attendant l’arrivée des nageurs-plongeurs. Cette expérimentation est documentée directement par le ministère des Armées.

Alors remettons simplement les choses dans l’ordre.

2016 : expérimentation du drone Helper sur les plages de Biscarrosse et interventions réelles.

2017 : 28 essais scientifiques français sur le sauvetage par drone.

2018 : publication des résultats dans une revue scientifique internationale.

2022 : expérimentation d’un drone autonome par les sapeurs-pompiers de Paris.

2026 : expérimentation à Valras-Plage d’une nouvelle génération de dispositif avec Instadrone.

Cela n’enlève absolument rien à l’intérêt du projet valrassien.

Au contraire.

Le dispositif testé aujourd’hui apporte des évolutions technologiques et mérite d’être expérimenté dans les conditions particulières de notre littoral.

Mais une bonne initiative n’a pas besoin d’être présentée comme une révolution pour être saluée.

Alors bravo à Valras-Plage pour cette expérimentation.

Bonne idée, oui.

Précurseur en France, non.

Et si demain ce drone permet de sauver une seule vie sur notre plage, ce sera finalement la seule première qui comptera vraiment.




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