Conseil municipal : le ton est donné pour les 6 prochaines années
Hier soir se tenait le deuxième conseil municipal de la mandature Ballester 2,5. Un conseil important, car il posait les bases de fonctionnement pour les six années à venir. Et dès les toutes premières délibérations, un signal fort et inquiétant a été envoyé.
Il était en effet question, entre autre, de fixer les indemnités des élus.
Le résultat est sans appel :
- 2 158,02 € brut par mois pour le maire
- 773,81 € brut pour les adjoints
- 480,93 € brut pour les conseillers municipaux de la majorité
- 0 € pour les 4 élus de l’opposition
À cela, il faut ajouter pour le maire une indemnité supplémentaire conséquente :
2 651,28 € brut par mois en tant que vice-président de l’agglomération, qui lui sera attribuée à compter du 20 mars.
Soit un total mensuel de plus de 4 800 € brut pour le maire.
Mais ce n’est pas tout.
Il est important de préciser que ces montants correspondent au maximum autorisé, car ils ont été majorés de 50 %, comme le permet la loi pour les communes classées station de tourisme de moins de 5 000 habitants.
Autrement dit, dès le début de mandat, le choix a été fait de prendre le plafond le plus élevé possible.
Pendant ce temps, les élus de l’opposition pourtant chargés de représenter une part non négligeable des Valrassiens ne percevront aucune indemnité.
Pourtant, nous avions formulé une proposition simple, raisonnable, et constructive :accorder une inde mnité symbolique de 50 € par mois aux élus d’opposition.
Pas pour “se payer”, mais pour permettre de travailler sérieusement : étudier les dossiers, se documenter, se déplacer si nécessaire. Une pratique qui existe déjà dans près de 18 % des communes en France, preuve qu’elle n’a rien d’extraordinaire.
Mais cette main tendue n’a pas été saisie.
Le maire, soutenu par ses 23 élus, a préféré se répartir l’intégralité de l’enveloppe, sans laisser la moindre place à ceux qui, pourtant, participent au débat démocratique.
Ce choix n’est pas qu’une question d’argent.
C’est un message politique.
Un message qui dit que l’opposition n’a pas sa place.
Un message qui ferme la porte au dialogue.
Un message qui, dès le début de mandat, installe une forme de repli et de verrouillage.
Dans une période où les citoyens doutent de plus en plus de la politique, où l’abstention progresse, fallait-il vraiment envoyer ce signal ?
Derrière des montants qui peuvent sembler techniques, c’est en réalité une certaine vision de la démocratie locale qui s’exprime.
Une vision où l’on gouverne entre soi, sans chercher à associer, ni même à considérer ceux qui ne pensent pas pareil.
Le cadre est désormais posé.
Et il interroge.
Car au-delà des chiffres, c’est bien l’état d’esprit qui inquiète : celui d’une majorité qui choisit, dès le départ, de se servir pleinement… sans même laisser une part symbolique au pluralisme démocratique.
Et c’est d’autant plus dommage que, depuis le premier jour, nous avons clairement indiqué vouloir être une force de proposition, plus que des opposants systématiques.
Mais ce message n’a, visiblement, pas été compris.



