Relier les deux rives de l’Orb : un projet ambitieux mais réaliste

 


Relier les deux rives de l’Orb : un projet ambitieux mais réaliste

Relier deux rives séparées par un fleuve est un défi aussi ancien que les villes elles-mêmes.
Depuis toujours, trois solutions existent : le bateau, le pont… ou le tunnel.

À Valras-Plage, la question se pose depuis longtemps pour relier la rive valrassienne aux Orpellières et à Sérignan-Plage.

Aujourd’hui, cette liaison existe déjà d’une certaine manière grâce à Lilly Passeur, ce pêcheur passionné qui, durant la saison estivale, fait traverser l’Orb à bord de son bateau. Son service est apprécié des promeneurs et des touristes, et il participe à l’âme maritime de notre station. C’est une initiative simple et authentique qui mérite d’être saluée.

Mais chacun le constate : ce dispositif reste limité, saisonnier, et ne peut pas répondre à l’ensemble des besoins de mobilité douce entre les deux rives.

La question mérite donc d’être posée sérieusement : comment améliorer cette liaison ?

La solution du pont : techniquement très difficile

La première idée qui vient naturellement à l’esprit est celle d’un pont, ou d’une passerelle pour piétons et vélos. Malheureusement, la configuration du site rend cette option extrêmement complexe.

L’embouchure de l’Orb accueille trois ports, dans lesquels circulent des voiliers dont les mâts sont très élevés. Pour permettre leur passage, une passerelle devrait être très haute, ce qui impose une longue rampe d’accès.

Or, il n’existe pas suffisamment de recul sur les deux rives pour réaliser de telles rampes.

Une autre solution serait un pont mobile, qui s’ouvrirait pour laisser passer les bateaux. Mais dans certaines périodes de l’année, lorsque la navigation est intense, le pont resterait ouvert la majeure partie du temps, rendant la traversée impossible ou très aléatoire pour les piétons et les cyclistes.

La solution du pont apparaît donc peu adaptée à la géographie du lieu.

La troisième solution : le tunnel

Reste une troisième possibilité : le tunnel piéton et cyclable sous le fleuve.

Contrairement à ce que certains imaginent, ce type d’ouvrage existe déjà depuis près d’un siècle dans plusieurs villes européennes. Un exemple célèbre se trouve à Anvers, en Belgique : le tunnel Sainte-Anne (Sint-Annatunnel).

Construit en 1933, il permet aux piétons et aux vélos de passer sous l’Escaut.

Quelques chiffres :

  • longueur : 572 mètres

  • profondeur : 32 mètres

  • usage : piétons et cyclistes

  • aujourd’hui classé monument historique

Ce tunnel fonctionne toujours et constitue même une attraction touristique.

À Valras, un projet beaucoup plus simple

Comparons avec notre situation. Pour relier les deux berges de l’Orb :

  • longueur approximative : 200 mètres

  • profondeur estimée : environ 15 mètres

Autrement dit : trois fois plus court et deux fois moins profond que le tunnel d’Anvers. Le pari est donc techniquement loin d’être impossible.

Un projet au service du tourisme et de l’économie locale

L’objectif d’un tel tunnel ne serait pas seulement de traverser un fleuve.

Il permettrait surtout :

  • de relier Valras-Plage à Sérignan-Plage à vélo ou à pied

  • de créer une continuité touristique entre les deux stations

  • de permettre aux vacanciers de Sérignan de venir au marché de Valras

  • de favoriser les achats dans les commerces

  • de développer les mobilités douces sans voiture

  • Pour les enfants de rejoindre le club de voile à pieds,

Ce serait une porte ouverte entre deux territoires touristiques majeurs.

Dans le cadre de notre projet, ce tunnel permettrait également de connecter Valras avec le futur centre de thalassothérapie que nous proposons.

Et en cas de crue ?

La question est légitime. Les tunnels modernes sont conçus avec des portes étanches, capables de se fermer automatiquement en cas de montée des eaux.

C’est une technologie utilisée dans de nombreux ouvrages souterrains à travers le monde. La sécurité reste évidemment une priorité absolue dans la conception d’un tel projet.

Qui paierait un tel projet ?

Une chose est claire : un tel projet ne peut pas et ne doit pas être financé par les habitants de Valras.

Un tunnel de mobilité douce, avec des objectifs :

  • touristiques

  • économiques

  • environnementaux

  • écologiques

  • pédagogiques

peut prétendre à de nombreux financements :

  • Union européenne

  • État

  • Région Occitanie

  • Département

  • Agglomération

  • Partenariats privés

L’objectif est simple : que ce projet rapporte au territoire au lieu de coûter aux habitants et ce n'est que dans ces conditions qu'il peut être envisagé !

Et la zone Natura 2000 ?

Les Orpellières sont un espace naturel protégé, ce qui est une richesse. Aujourd’hui, l’accès au site n’est pas interdit aux voitures, mais il pourrait évoluer. Un tunnel piéton et cyclable permettrait au contraire de réduire la pression automobile sur cet espace naturel.

Moins de voitures, plus de vélos et de marche : c’est exactement l’esprit des politiques environnementales actuelles.

Et le passeur ?

Il ne s’agit évidemment pas de remplacer ou de faire disparaître l’activité du passeur. Au contraire. La création d’une liaison permanente entre les deux rives augmenterait la fréquentation du secteur.

Plutôt que de subir une perte d’activité, le passeur pourrait bénéficier :

  • d’une exclusivité pour des promenades sur l’Orb

  • de circuits commentés

  • d’animations fluviales

  • de découvertes du fleuve et de ses paysages

L’objectif n’est pas de contraindre, mais de développer de nouvelles activités autour de l’Orb.

Un tunnel qui serait aussi un lieu de découverte

Un tunnel de 200 mètres peut être bien plus qu’un simple passage. Nous imaginons un lieu vivant et pédagogique :

  • fresques artistiques

  • panneaux expliquant les poissons de rivière et de mer

  • histoire de l’Orb

  • patrimoine de Valras et des Orpellières

  • biodiversité locale

Ce tunnel deviendrait un véritable musée souterrain accessible à tous, où l’on apprend en se promenant.

L’ambition fait avancer les villes

Certains trouvent ce projet trop ambitieux. Mais l’histoire de Valras nous enseigne une chose : les grandes idées paraissent toujours folles au départ.

Dans les années 1960, lorsque le maire Émile Turcot a proposé de créer une promenade en bord de mer, beaucoup le prenaient pour un rêveur. Aucune autre station de la région n’en possédait.

Aujourd’hui, cette promenade est l’un des symboles de Valras-PlageEt personne n’imaginerait la supprimer.

Ouvrir Valras vers l’avenir

Le tunnel sous l’Orb n’est pas un caprice. C’est une vision d’avenir :

  • relier les territoires

  • développer le tourisme

  • soutenir les commerçants

  • favoriser les mobilités douces

  • valoriser notre patrimoine naturel

Valras doit rester fidèle à son authenticité et à son charme, tout en se donnant les moyens d’avancer.

L’ambition n’est pas un défaut lorsqu’il s’agit de préparer l’avenir de notre ville.



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