Chronique d’une grande guerre… de panneaux

 


Chronique d’une grande guerre… de panneaux

À Valras-Plage, nous disposons actuellement de quatre panneaux d’informations générales, en attendant les trois panneaux officiels, déjà installés, mais sur lesquels nous ne pouvons pas encore afficher. 

Quatre panneaux. Pas quarante.

Lors du tirage au sort, le destin, qui a parfois beaucoup d’humour, nous a attribué le panneau n°3, celui de droiteLogique pour une liste divers droite, non ? J’y ai vu un signe républicain. D’autres semblent y voir une déclaration de guerre territoriale.

La bataille de la colle

Nous avions proposé très simplement au colleur d’affiches du Rassemblement National de partager intelligemment l’espace puisque le candidat maire n'était pas présent dans cette course.

Un panneau chacun. On respire. On cohabite. On vit ensemble. Un concept visiblement révolutionnaire.

La réponse fut plus… exclusive.

Depuis, une guerre stratégique d’une rare intensité se joue sous les yeux… de personne.

On colle. On recouvre. On arrache. On recommence. Une sorte de ballet artistique à base de papier 120 grammes et de colle blanche.

Personne ne regarde ces panneaux, c'est plus une guerre de territoire. Mais certains semblent y défendre l’équivalent du Fort Alamo.

Et puis… la testostérone

Mais l’épisode devient moins folklorique quand on passe de la colle aux déclarations musclées.

Monsieur Pascal Rebeillard, colleur d’affiches du RN, a dit à l’un de mes colistiers ancien gendarme qu’il voulait me “casser la gueule”.

Clair. Net. Sans conditionnel.

Je précise : ce n’est pas la première fois, ces dernières semaines, que des sympathisants RN à Valras expriment une envie physique de confrontation me concernant, et cela devant témoins.

Je découvre donc que ma photo en grand format provoque des émotions intenses.

Je m’en excuse presque.

Cher Pascal…

Si me voir en grand sur un panneau vous donne envie de pratiquer la boxe, je vous rassure :

  • ce n’est qu’une affiche,

  • elle n’est pas vivante,

  • elle ne répond pas,

  • et elle n’est pas armée.

L’arracher plusieurs fois par jour n’améliorera ni le programme municipal, ni le débat démocratique, ni la qualité de la colle. Je rappelle au passage que nous sommes candidats à la mairie. Pas au championnat régional des arts martiaux.

Un peu de hauteur

À Valras, les habitants attendent qu’on parle :

  • santé,

  • cadre de vie,

  • sécurité,

  • développement,

  • avenir.

Pas qu’on règle des comptes devant un panneau d’affichage. La démocratie, ce n’est pas celui qui colle le plus fort. C’est celui qui convainc le mieux.

Et maintenant ?

Faut-il déposer plainte ? La question mérite réflexion.

Faut-il en rire ? C’est déjà fait.

Mais une chose est certaine : l’intimidation n’impressionne pas. Elle affaiblit seulement celui qui l’utilise.

Nous continuerons donc à coller nos affiches, tranquillement sans agressivité (notre équipe de colleur est un couple de retraités) Puis à partir du 2 mars , sur le panneau n°3, celui à droite. Là où le tirage au sort nous a placés.

Et si vraiment ma photo dérange, je peux envisager un format timbre-poste.

Mais je crains que le problème ne soit pas la taille du papier.

Richard BERTRAND

PS : Petit détail réglementaire du jour : Le RN à collé ses affiches ce matin, 28 février, sur les panneaux officiels.

Problème : c’est interdit par l'article 47. L’affichage officiel commence le 2 mars.

Je sais, l’enthousiasme déborde. L’impatience aussi. Mais le Code électoral n’est pas une suggestion décorative.

La police municipale va donc leur dresser un procés verbal. En démocratie, on peut être pressé. On peut être passionné. Mais on respecte les règles.

Même quand on est très, très motivé par la colle.



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