Cérémonie des vœux du RN valrassien : un fiasco politique

 


Cérémonie des vœux du RN valrassien : un fiasco politique

La cérémonie de vœux organisée le 30 janvier par le candidat valrassien du Rassemblement National a rassemblé, selon les chiffres avancés, entre 380 et 450 personnes (selon la police ou selon les organisateurs) . Retenons une moyenne raisonnable de 400 participants, un niveau de fréquentation qui peut sembler satisfaisant pour une commune de la taille de Valras-Plage.

La soirée se voulait clairement placée sous le signe du poids politique national. Trois députés RN avaient fait le déplacement : Manon Bouquin, Stéphany Galzy et Julien Gabarron, ce dernier étant également président de la fédération RN de l’Hérault. À Valras-Plage, Julien Gabarron avait obtenu 1 548 voix lors du scrutin de 2024, un score significatif qui, au regard de la présence annoncée du parti et de son exposition médiatique nationale, pouvait laisser espérer une mobilisation locale plus massive. Dans les médias, le Rassemblement National se revendique aujourd’hui comme le premier parti de France : la démonstration se voulait donc symbolique, presque démonstrative.

Mais à y regarder de plus près, la lecture est plus nuancée. Chacun de ces députés était manifestement accompagné de son propre noyau de sympathisants, une vingtaine de personnes chacun, estimation prudente. Ce sont donc environ 60 participants qui n’étaient pas valrassiens. En ramenant le chiffre à la réalité locale, on se retrouve avec près de 350 personnes issues, peut être, de Valras-Plage.

Parmi elles, il y avait bien sûr des sympathisants convaincus, mais aussi de nombreux curieux, venus observer, écouter et se faire une opinion. Une partie de notre équipe, une dizaine de personnes, faisait d’ailleurs partie de ce public, non par adhésion, mais par simple intérêt citoyen et volonté de comprendre le projet proposé.

Ce chiffre interroge néanmoins. D’autant plus que cette cérémonie a attiré sensiblement moins de monde que celle du maire sortant, dont la salle était, elle, pleine à craquer. La comparaison, inévitable dans une commune de cette taille, relativise fortement l’idée d’une dynamique locale portée par le RN.

Il faut toutefois reconnaître que la soirée était bien organisée. L’accueil était fluide, la logistique maîtrisée, et le buffet final largement apprécié. Un moment convivial, de qualité, qui a contribué à laisser une impression favorable aux participants. En France, on le sait bien, un événement se juge aussi souvent à ce qui s’y partage autour d’un verre ou d’une assiette qu’à la teneur des discours.

Sur le fond, en revanche, le contenu est resté limité. La présentation s’appuyait en partie sur des visuels générés par l’intelligence artificielle, un choix d’autant plus surprenant que cet usage nous avait été longuement critiqué par le candidat il n'y a pas si longtemps. Au-delà de ces effets visuels, le programme est apparu pauvre et très général, sans propositions structurantes ni vision clairement assumée pour l’avenir de Valras-Plage. Peu de mesures concrètes, peu d’éléments chiffrés, et une ambition qui semblait en décalage avec la mise en scène et les soutiens affichés.

La présentation des colistiers n’a pas davantage dissipé les interrogations. La plupart restent largement inconnus des Valrassiens, y compris parmi ceux qui suivent attentivement la vie locale. Là encore, le contraste entre l’affichage politique et l’ancrage réel sur le terrain était frappant.

Certains diront qu’il est toujours facile de critiquer et qu’ils attendent désormais de voir ce que nous proposerons le 7 mars. Ils ont raison. La différence est toutefois notable : ce rendez-vous se fera sans députés, sans appareil partisan, et sans étiquette politique nationale. Ce sera un moment porté uniquement par des Valrassiens, pour Valras-Plage, autour d’un projet local assumé.

Au final, cette cérémonie de vœux aura surtout rappelé une évidence : à Valras-Plage, la politique municipale ne se gagne ni à coups de logos nationaux ni par une scénographie soignée. Elle se construit dans la durée, par la proximité, la cohérence et la clarté d’un projet. Et sur ce terrain précis, la présence de figures nationales, aussi visibles soient-elles, ne suffit pas toujours à créer l’élan espéré.



Articles les plus consultés