Etre un “vrai Valrassien”, c’est quoi ?
Etre un “vrai Valrassien”, c’est quoi ?
Dans les ruelles, au marché, au port, on entend souvent : « Moi, je suis un vrai Valrassien. »
Comme un titre de noblesse, un signe distinctif, parfois même un droit revendiqué sur ceux qui seraient arrivés “après”.
Mais quand on observe l’histoire de Valras, tout cela devient plus complexe… et plus simple à la fois.
D’abord, rappelons-le :Valras-Plage n’a jamais eu de maternité.Et depuis les années 1950, on n’accouche plus chez soi. Cela fait donc plus de 70 ans qu’il ne naît quasiment plus personne à Valras.
Il y a cinquante ans, on disait : « Le vrai Valrassien, c’est celui qui est né ici. » Ce critère a disparu.
Puis est venue une autre définition : « Le vrai, c’est celui qui y a toujours vécu. » Mais les temps changent, les parcours aussi, et cette catégorie se raréfie.
Et certains ajoutent encore d’autres critères…
Pour certains, être Gabian, c’est être Valrassien.
Pour d’autres, cela n’a rien à voir, chacun son symbole, chacun sa façon d’habiter un lieu.
Alors une question se pose :qui décide, au juste ? Qui distribue ce diplôme invisible de “vrai Valrassien” ? Sur quel fondement, selon quelle tradition, avec quelle légitimité ?
Surtout quand on voit la réalité.
Il y a des personnes qui vivent ici depuis trente ans sans partager grand-chose avec le village. Et d’autres, arrivées depuis un an, qui connaissent déjà tout le monde, qui s’impliquent, qui s’intéressent, qui créent du lien.
Parce que ce n’est pas la visibilité qui fait l’ancrage, mais l’intention que l’on donne à ses actions,
l’énergie que l’on déploie autour de soi, et le souvenir que l’on va laisser.
Alors, qu’est-ce qu’un vrai Valrassien ?
Peut-être est-ce tout simplement celui…
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qui fait vivre les commerçants, en faisant plus qu’acheter : en discutant, en saluant, en créant une humanité quotidienne.
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qui invite des amis à découvrir Valras, avec fierté, comme on présente un lieu qui compte.
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qui s’intéresse à l’histoire du village, à ses racines, à ses anciens, à ce qui construit son âme.
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qui respecte et observe les traditions locales, même quand elles ne sont pas les siennes.
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qui participe, par sa présence, son sourire, son implication, ses gestes simples.
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qui choisit Valras, non par hasard, mais par attachement.
Comme l’a dit César dans Fanny : « Le père, ce n’est pas celui qui fait l’enfant, c’est celui qui l’aime. »
Alors ici, on pourrait dire :
**Le vrai Valrassien, ce n’est pas celui qui est né ici, ni celui qui peut réciter son ancienneté… mais celui qui aime Valras.**
Celui qui y vit une saison ou une vie entière,
celui qui s’y sent bien,
celui qui rayonne,
celui qui apporte,
celui qui partage,
celui qui laisse une trace.
**Parce qu’être Valrassien, ce n’est pas une question d’origine : c’est une question de cœur.**
"Le Goéland, le Vieux Loup de Mer et la tortue centenaire"
Sur le quai de Valras, baigné d’un vent léger,
Un vieux Loup de Mer vint soudain s’affliger.
« Moi, je suis d’ici ! » cria-t-il pour juger.
« Le vrai Valrassien doit savoir d’où il est né.
Les autres ne sont rien : je peux les corriger.
Je représente à moi seul tout ce qui doit régner. »
Un Goéland passa, posé, le pas léger,
Et dit : « Je suis nouveau, mais j’aime ce danger,
Ce vent qui fait danser les vagues au verger.
J’aime Valras autant qu’un marin peut nager. »
Le vieux répondit sèchement, prêt à rager :
« On n’est pas d’un village en y venant loger.
Il faut des décennies, des racines à gager. »
Mais l’oiseau reprit, sans vouloir se venger :
« J’ai vu des gens ici trente ans sans s’engager,
Et d’autres, tout récents, déjà tout partager.
Ce n’est pas la durée qui doit nous ravager,
Mais l’énergie qu’on porte et qu’on vient diffuser. »
Un Goéland plus vieux, témoin du littoral,
Dit : « Qui donc distribue ce diplôme moral ?
Qui tranche, qui couronne, en maître magistral ?
Le vrai Valrassien n’est pas né local.
Ce n’est ni le temps long, ni l’ancrage ancestral :
C’est celui qui fait vivre le port et son canal. »
Soudain, de la mer bleue sortit un dos d’opal :
Une Tortue centenaire, lente et magistrale.
« Enfants, dit-elle alors, je suis la plus loyale.
J’ai vu Valras jadis, sauvage et bancal.
J’y reviens chaque été, d’un mouvement normal,
Pour saluer mes pontes, souvenir nuptial,
Et retrouver l’amour laissé dans ce récital.
Je suis la plus ancienne, et voici mon signal :
On n’est pas d’un village par un titre ancestral,
On l’est par le cœur offert, constant et loyal. »
Morale
Celui qui aime un lieu, sincère et fraternel,
devient de ce village l’habitant le plus réel.



