Le Triangle des Bermudes valrassien : bienvenue dans la quatrième dimension municipale
Le Triangle des Bermudes valrassien : bienvenue dans la quatrième dimension municipale
À Valras-Plage, on pensait avoir tout vu : les bouchons du 15 août, les chaises de camping plantées dès 8h sur la plage, et même les goélands qui volent les churros. Mais non, le chef-d’œuvre absolu, la perle rare, c’est le Triangle des Bermudes valrassien.
Là, entre les campings de la Plage et Méditerranée, se cache une zone mystérieuse où la logique urbaine a disparu, engloutie par trois communes (Valras, Sérignan et Vendres) et deux communautés d’agglo (Béziers Méditerranée et La Domitienne). À cet endroit, les trottoirs se fissurent, les herbes se rebellent, les panneaux ne ressemblent à rien , bref, tout se passe comme si chaque mairie attendait que l’autre passe la tondeuse.
Un panneau d’un autre monde
Le panneau « Route de Vendres » mérite à lui seul une visite guidée. C’est une antiquité municipale, vestige d’une époque où on écrivait encore à la main, probablement sous la IIIᵉ République. Tous les autres panneaux de la ville ont été changés ? Lui non. Lui, il résiste. Il est la preuve vivante qu’à Valras, le patrimoine se conserve… par oubli.
Le chemin des Pêcheurs, musée à ciel ouvert
Le fameux chemin des Pêcheurs, censé mener à la mer, date sans doute de 1931. Et c’est cohérent : rien n’a bougé depuis. Partagé entre deux communes, il bénéficie d’un entretien partagé : c’est-à-dire aucun. Les nids-de-poule sont devenus des piscines naturelles, les herbes ont pris racine comme dans une réserve écologique, et les piétons avancent prudemment, comme des explorateurs.
Le Cami Founjut, chef-d’œuvre d’art moderne
Plus au nord, le Cami Founjut est à mi-chemin entre piste cyclable et parcours du combattant. De vieux poteaux de fer rouillés délimitent vaguement une voie pour vélos, une sorte de slalom à haut risque. Si un cycliste se prend un poteau, la question reste entière : à qui la faute ? Valras ? Sérignan ? Le ministère du Cirque ?
Et au centre du mystère… le poste électrique
Au cœur de ce triangle maudit trône un splendide poste électrique posé sur 200 m². Planté là, nu, sans arbre, sans fleur, sans fierté. Un monument à la laideur administrative. Des décennies qu’il attend qu’on le cache derrière quelques arbustes. Mais visiblement, dans le triangle, la photosynthèse aussi est en attente de concertation car il se trouve à la limite de Vendres Plage.
Trois maires, zéro table
Le plus drôle (ou le plus désespérant, selon votre niveau de patience), c’est que cette situation dure depuis des années. Jamais un seul maire n’a eu l’idée de réunir les deux autres autour d’une table. Pourtant, il suffirait de ça : une cafetière, trois tasses, et un plan d’action. Mais non. Sérignan regarde ailleurs (« C’est loin »), Vendres hausse les épaules (« C’est pas chez moi »), et Valras, pourtant la principale concernée, attend que les miracles tombent du ciel.
Car oui, soyons clairs : le plus concerné par ce désastre, c’est bien le maire de Valras-Plage. C’est sa porte d’entrée, ses touristes, son image de station balnéaire. Les deux autres, à la rigueur, peuvent dire « ça ne me regarde pas ». Mais Valras ? C’est un peu comme si un restaurateur laissait sa terrasse pleine d’ordures parce que le trottoir appartient à la copropriété voisine.
Alors oui, on peut en rire. Parce que sinon, on pleure. Le Triangle des Bermudes valrassien, c’est un peu comme une blague sans chute : on y entre, on s’y perd, et on n’en ressort pas tout à fait pareil.
Et maintenant ?
Eh bien, nous, Valras Belle et Rebelle, on est prêts à mettre les tasses sur la table.
☕ On offrira le café à nos voisins.
🍊 On pressera le jus d’orange nous-mêmes.
🥐 Et on amènera même les croissants.
Parce qu’il est temps de se parler, simplement, de trouver ensemble des solutions et de mettre fin à cette situation ubuesque qui dure depuis trop longtemps.
« Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. »
C’est André Gide qui le disait.
Et on est bien décidés à le prouver.







