La Cigale, la Fourmi et le Cigalón




La Cigale, en sa gloire, étalait son image,
Dans le journal communal vantait son apanage.
Depuis peu, sur Facebook, en ton triomphal,
Elle prêche ses hauts faits, son bilan magistral.

Pendant ce temps, vaillante et sans querelle,
Travaillait chaque jour la Fourmi belle et rebelle.
Pour Valras, sans détour, ni faste, ni tambour,
Elle semait des idées, des rêves, de l’amour.

Survint, tout pétillant, le Candidat Cigalón,
Du grand parti marin, fier de son pavillon.
On le vit maintes fois, dansant, levant son verre,
Posant en photo fièrement sa lumière.

D’un air gai, il trinqua, publia mille images,
Mais point de projet clair, ni même d’ouvrage.
Car s’il aime festoyer, s’il cause volontiers,
Pour bâtir l’avenir, nul plan n’est esquissé.

La Fourmi lui dit lors : « Mon cher, quand viendra l’heure,
De répondre aux Valrassiens sur ton vrai labeur,
Que leur diras-tu donc, toi qui fais le bravache,
Quand on parlera moins de fête que d’attache ? »

L’autre rit, leva son verre et dit en écho :
« Je verrai bien plus tard… après l’apéro ! »

Moralité :

À trop chercher la pose et la vanité,

On pert le fil du port de la réalité


« Toute ressemblance avec des personnes réelles n’a rien de fortuit. »



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