Pêche récréative : l’Europe serre la vis
🎣 Pêche récréative : l’Europe serre la vis
Depuis novembre 2023, le règlement européen n° 2023/2842, dit « règlement de contrôle des pêches », est entré en vigueur. Initialement pensé pour renforcer la lutte contre la pêche illégale, il introduit une nouveauté majeure : la pêche récréative est désormais soumise à des obligations de contrôle et de déclaration comparables à celles de la pêche professionnelle.
Ce que prévoit Bruxelles
À compter du 10 janvier 2026, tout pêcheur de loisir, qu’il soit en bateau ou depuis le rivage, devra :
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s’enregistrer dans un système électronique mis en place par l’État,
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déclarer ses captures de certaines espèces soumises à quotas ou plans de gestion,
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respecter le marquage obligatoire des engins dits « dormants » (filets, casiers, palangres…), avec identification du propriétaire et signalisation en surface,
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se soumettre à des sanctions en cas de non-respect.
Dès 2027, les États membres devront transmettre à la Commission européenne les données agrégées issues de ces déclarations.
Pourquoi ça fait débat
Sur le papier, l’objectif est louable : mieux suivre les stocks de poissons et assurer une gestion durable de la ressource. Mais dans les faits, beaucoup s’interrogent :
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Lourdeur administrative : faudra-t-il vraiment remplir une application mobile pour signaler chaque bar ou dorade attrapé en vacances ?
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Surveillance disproportionnée : la pêche de loisir, qui représente une part marginale des prélèvements en mer par rapport à la pêche industrielle, devient une cible prioritaire.
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Manque de concertation : les associations locales de pêcheurs, clubs et fédérations n’ont quasiment pas été associées à l’élaboration des modalités.
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Risque de décourager une pratique populaire : des milliers de familles, de touristes et de retraités pratiquent la pêche pour le loisir, souvent comme lien social et culturel. Alourdir les règles risque de détourner le public d’une activité qui fait partie de l’identité maritime de nos régions.
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Un problème d’effectifs : pour vérifier le respect de ces règles, il faudra mobiliser des fonctionnaires de police ou de gendarmerie maritime… déjà en sous-nombre pour assurer la protection des biens et des personnes au quotidien.
Un choix politique
Ce règlement montre une fois de plus le décalage entre la logique technocratique de Bruxelles et la réalité des territoires. Plutôt que de concentrer les efforts de contrôle sur les pratiques qui menacent réellement les ressources halieutiques — chalutages intensifs, surpêche industrielle, importations massives de poissons pêchés hors d’Europe —, l’Union européenne a choisi de pointer du doigt le pêcheur de loisir.
👉 Chez Valras Belle et Rebelle, nous ne sommes pas opposés au principe d’un suivi scientifique des ressources. Mais nous pensons qu’il doit être simple, pédagogique et proportionné, et surtout construit avec les pêcheurs de loisir, pas contre eux.



