Le port de Valras-Plage : un outil stratégique à moderniser encore
Le port de Valras-Plage : un outil stratégique à moderniser encore
Deux ports, deux réalités
À Valras, il faut distinguer deux ports :
Le port Jean Gau, privé, qui relève de sa propre gestion.
Et le port municipal de plaisance, propriété de la commune et géré depuis 2020 par l’Agglomération Béziers Méditerranée. Ce dernier n’a d’ailleurs jamais reçu de nom officiel, alors qu’il constitue un maillon essentiel de l’économie locale.
Un port né dans les années 70
Construit au début des années 1970 pour compenser le déclin de la pêche traditionnelle, le port de Valras-Plage compte aujourd’hui 240 anneaux en bassin et 120 places saisonnières sur l’Orb. Il affiche complet en permanence, avec des listes d’attente.
Une rénovation récente mais limitée
Entre 2018 et fin 2021, un chantier de requalification a modernisé l’ensemble :
capitainerie et sanitaires rénovés,
nouveaux locaux (SNSM, atelier portuaire),
remplacement de pontons, dragages partiels,
installation de bornes électriques modernes, nurseries à poissons et dispositifs environnementaux.
Mais une limite demeure : le tirant d’eau reste faible (≈ 1,7 mètre). Or, les bateaux modernes (voiliers, unités plus profondes) nécessitent davantage de profondeur. Sans un dragage plus ambitieux, le port restera exclu d’une partie de la plaisance actuelle et future. C’est un sujet budgétaire, mais incontournable, qui doit être porté par l’Agglomération.
Les “bateaux ventouses” : un frein et un risque
Le deuxième problème est l’occupation des anneaux par des bateaux inactifs, mal entretenus ou proches de l’abandon.
Un bateau ne peut rester éternellement à flot sans entretien : il doit être sorti régulièrement de l’eau pour carénage, nettoyage de la coque, contrôles de sécurité.
Sans cela, il se dégrade, peut polluer, et même menacer la sécurité des autres bateaux et des installations du port.
Ces “ventouses” bloquent des places précieuses, alors même que la demande est forte.
Que dit le règlement ?
Le règlement d’exploitation des ports Béziers Méditerranée rappelle que :
L’amarrage est une occupation temporaire du domaine public, révocable à tout moment.
Les contrats sont annuels, non transmissibles, avec obligation de paiement d’avance.
Le propriétaire doit présenter assurance et papiers du bateau et maintenir son navire en bon état.
En cas de non-respect (impayé, danger, abandon), l’autorité portuaire peut résilier le contrat et enlever le bateau aux frais du propriétaire.
Autrement dit : même si un anneau est payé, cela n’autorise pas à laisser dépérir son bateau. Le droit portuaire prévoit des outils pour agir.
Une méthode pragmatique à engager
La solution peut être calquée sur la gestion des logements vacants :
Recensement par l’équipe portuaire, qui connaît parfaitement les bateaux.
Courrier aux propriétaires pour demander leurs intentions (travaux prévus ? remise en état ?).
Accompagnement : information sur les aides disponibles (éco-organisme APER pour déconstruction, éventuelles aides régionales pour la pêche, filière nautisme).
Mise en demeure : si rien n’est fait dans un délai raisonnable, constat d’abandon par huissier.
Enlèvement du navire aux frais du propriétaire, pour dépôt dans un port à sec ou destruction via filière agréée.
Et si on lui donnait enfin un nom ?
Le port de Valras-Plage a été rénové, il doit maintenant être modernisé et mieux géré. Mais il lui manque encore quelque chose : une identité.
Pourquoi ne pas faire participer les Valrassiens et Valrassiennes en lançant un référendum local pour baptiser enfin ce port qui fait partie de leur quotidien et de leur patrimoine ?



