Avec le projet de la Maison de Santé, l'équipe municipale signe son nouveau slogan : Valras, on s’en bas… Lester !



Valras, on s’en bas… Lester !

Ce slogan ironique pourrait être celui de l’équipe municipale en place, tant elle additionne les projets qui défigurent notre station. Et le prochain chantier qui va démarrer n’est autre que la Maison de Santé, prévue à 50 mètres de la plage, au quartier du Casino.

Un terrain bradé et un parking perdu

En juillet 2021, la Ville a vendu à la société AEKO un terrain de 1 240 m², situé à seulement 50 mètres de la mer, pour 262 700 €, soit environ 210 €/m². Dans le procès-verbal du conseil municipal, la municipalité confirme avoir cédé ce terrain au prix fixé par les Domaines.

Or, il faut rappeler que l’avis des Domaines fixe uniquement un prix plancher :

  • une commune ne peut pas vendre en dessous,

  • mais elle peut parfaitement vendre plus cher si le terrain présente un intérêt particulier.

Et ce terrain n’était pas quelconque : c’était un foncier côtier rare, au cœur du quartier du Casino, qui accueillait de surcroît un parking public gratuit de 37 places, utilisé quotidiennement par les riverains et les visiteurs.

👉 Pourquoi la mairie s’est-elle contentée du prix minimum ? Pourquoi brader un emplacement aussi stratégique, alors qu’il aurait pu renforcer l’attractivité touristique et économique de Valras ?

Une maison de santé surdimensionnée

Oui, il manque de médecins à Valras. Mais avec 4 300 habitants, implanter un centre de 35 praticiens est totalement disproportionné. Ce chiffre, jamais justifié par une étude transparente, correspond davantage à un équipement régional qu’à une réponse aux besoins locaux.

Un tel centre attirera des patients bien au-delà de Valras, provoquant :

  • des bouchons permanents,

  • un stationnement saturé dans des rues déjà en mauvais état,

  • et un chaos circulatoire en été, quand la station est déjà asphyxiée.

Et le plus inquiétant : la Ville reconnaît que le promoteur peine à trouver les 35 praticiens promis. Or, aucun garde-fou contractuel n’a été prévu : pas de pénalités, pas de garanties. Que deviendra le bâtiment si les médecins ne viennent pas ? Beaucoup redoutent une reconversion rapide en logements standardisés, défigurant encore davantage le littoral.



Le promoteur construit, mais la mairie devait protéger

Soyons clairs : le promoteur AEKO fait son métier. Il construit là où on l’y autorise. Il est déjà propriétaire de plusieurs terrains du quartier, notamment celui du programme immobilier Archipel.

👉 Le vrai problème, c’est la mairie. Une municipalité responsable aurait dû :

  • imposer un cahier des charges strict garantissant le nombre de praticiens,

  • prévoir des solutions de circulation et de stationnement,

  • et surtout exiger une étude architecturale globale pour harmoniser les projets et préserver l’identité de Valras.

Au lieu de cela, chaque bâtiment sort de terre sans vision d’ensemble, comme si l’avenir de la station se décidait au coup par coup. Résultat : un quartier stratégique livré à une urbanisation fragmentée, incohérente, sans identité.

Une implantation absurde alors que des alternatives existaient

Une maison de santé est utile, personne ne le conteste. Mais quel sens y a-t-il à l’implanter en plein cœur de Valras, à deux pas de la plage, dans un quartier déjà saturé et difficile d’accès ?

Un tel équipement aurait dû être construit près d’une départementale, avec un grand parking, pour être facilement accessible aux habitants de toute la région sans engorger le centre-ville. Dans un rayon d’à peine un kilomètre, notamment du côté de Sérignan, les terrains disponibles ne manquent pas.

👉 Alors, quel intérêt réel d’avoir installé cette maison sur le territoire exigu de Valras ? Est-ce vraiment pour répondre aux besoins de santé des habitants, ou pour forcer un projet immobilier de plus dans une zone déjà fragilisée par le bétonnage ?

Une décision prise sans vision d’agglomération

Valras n’est pas une ville en autarcie : elle appartient à une agglomération et fait partie d’un bassin de vie plus large. Pourtant, cette décision en est la preuve supplémentaire : la commune choisit de mener ses projets dans son coin, sans concertation, sans vision partagée avec les communes voisines.

Plutôt que d’implanter une maison de santé disproportionnée en centre-ville, il aurait fallu réfléchir à un projet structurant pour l’avenir et l’économie locale. Ce terrain exceptionnel, situé à 50 mètres de la mer, aurait pu accueillir :

  • un hôtel de standing, générateur de richesses, d’emplois et de retombées touristiques,

  • ou un mini-golf paysagé, créant un espace de loisirs familial et végétalisé qui aurait animé le quartier tout en apportant une bouffée d’air vert.

👉 Au lieu de cela, on bétonne un espace stratégique pour y loger un bâtiment administratif et médical, sans aucun lien avec l’identité de la station et sans réflexion sur l’avenir du littoral.

Une faute impardonnable

Personne ne conteste l’utilité d’une maison de santé. Mais pas , pas comme ça, et pas sans garanties. Une mairie doit être un garde-fou, pas une chambre d’enregistrement des projets immobiliers.

Malheureusement, les travaux devraient commencer dès l’automne. Et avec eux, la défiguration de Valras continue.

👉 Une politique court-termiste qui pourrait se résumer par un slogan ironique pour les prochaines élections : « Valras, on s’en bas… Lester ! »







 

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